Les tiques ont été désignées comme étant le « Sujet de l’année dans le monde animal au Québec » en 2018 par l’AMVQ en raison de leur impact sur la santé publique et animale ainsi que leur expansion géographique.
 
Que sont les tiques?

Les tiques sont de petits parasites à 8 pattes, dans la même grande classe animale que les araignées, qui se nourrissent du sang des animaux et des humains auxquels ils s’attachent en ancrant leur tête dans la peau pendant une période de 3 à 14 jours. Chaque tique ne prend que trois repas dans sa vie, chacun étant nécessaire au changement de stade de vie (larve, nymphe, adulte) ou à la ponte chez la femelle adulte.Ces parasites s’établissent normalement dans des endroits humides à l’abri du soleil, comme les sous-bois ou les herbes hautes, grimpent sur des brins d’herbe ou des buissons et attendent le passage d’un hôte potentiel, que ce soit un animal ou un randonneur, pour s’accrocher et saisir son repas. 

Les inquiétudes relatives aux tiques découlent principalement du fait qu’elles constituent des réservoirs et des vecteurs pour la transmission de nombreuses maladies zoonotiques, c’est-à-dire transmissibles aux animaux et à l’humain. Il est important de souligner que les nymphes, qui passent souvent inaperçues puisqu’elles ne dépassent généralement pas la taille d’un grain de sésame, peuvent elles aussi être les véhicules de maladies.

 
La maladie de Lyme en expansion au Québec

Les tiques ont d’abord fait parler d’elles abondamment en 2018 à cause d’une augmentation importante des cas humains de maladie de Lyme déclarés au Québec, qui ont presque doublé entre 2016 (177 cas) et 2017 (329 cas). Rappelons que la maladie de Lyme est causée par une bactérie nommée Borrelia burgdoferitransmise par la tique à pattes noires (Ixodes scapularis). Cette espèce de tiques est bien établie dans plusieurs régions du Québec depuis une dizaine d’années, la Montérégie et l’Estrie étant les régions les plus sévèrement touchées. Les données statistiques recueillies par les différentes instances de santé publique, autant québécoise que canadienne, démontrent que la tique à pattes noires est en expansion géographique au Québec. Les symptômes de la maladie de Lyme chez l’humain incluent, entre autres, une rougeur au site de piqûre de la tique, des symptômes grippaux (fièvre, douleur musculaire, fatigue…) et des signes neurologiques. 

Les médecins vétérinaires dépistent également de nombreux chiens positifs à Borrelia burgdoferichaque année. Bien que la majorité des chiens demeurent des porteurs sains sans symptôme, la maladie de Lyme peut engendrer des douleurs articulaires, de la fièvre et des affections rénales sévères chez certains compagnons canins infectés.
 

Au-delà de la maladie de Lyme…

Même si la maladie de Lyme a été largement médiatisée au Québec dans les dernières années, il ne faut pas oublier que plusieurs autres maladies transmises par les tiques sont également en émergence au Québec ou existent dans les provinces et États avoisinants. Par exemple, la tique étoilée, une espèce établie notamment dans le sud des États du Maine, de New York et du Vermont, est responsable d’une allergie de sévérité variable à la viande rouge, allant de signes légers à l’anaphylaxie chez les personnes ayant été piquées. Heureusement, aucune population ciblée de tiques étoilées n’a été mise en évidence dans notre province à ce jour, mais elles ont été identifiées à plusieurs reprises en sol québécois. On estime que les changements climatiques pourraient jouer un rôle dans sa migration vers le nord, tout comme c’est le cas pour les autres espèces de tiques. 

Comment prévenir?

Bien que la présence accrue de tiques au Québec soit inquiétante, il faut retenir que de simples précautions peuvent grandement diminuer les risques de contracter des maladies transmissibles par ces parasites. Par exemple, chez les humains, il est fortement recommandé de porter des vêtements longs, de couleur pâle préférablement, et d’enfiler des bottes hautes ou les chaussettes par-dessus les pantalons lors de promenades dans des endroits à risque. Appliquer de l’insectifuge et demeurer dans les sentiers lors de randonnées sont d’autres mesures de prévention importantes pour éviter de devenir la proie d’une tique. Une inspection rigoureuse de tout le corps est également de mise au retour pour s’assurer de retirer promptement une tique qui aurait pu s’accrocher à votre insu. Le retrait rapide et complet de la tique réduit significativement les risques de transmission de maladies, puisque la plupart de celles-ci nécessitent plusieurs heures d’ancrage avant d’être transmises.
De plus, des produits préventifs efficaces existent pour protéger votre chien de ces parasites et des maladies qu’elles peuvent propager. Votre médecin vétérinaire pourra vous faire des recommandations bien adaptées au mode de vie de votre compagnon canin. 
Hélas, les changements climatiques font en sorte qu’il faudra malheureusement s’ajuster à la présence grandissante des tiques dans notre environnement. Cependant, avec quelques mesures préventives, il est tout à fait possible de continuer de profiter des sorties en plein air et des plaisirs que nous offre notre belle province québécoise.
Références 
 
http://grezosp.com/wp-content/uploads/2018/01/CBouchard_Tique-etoilee-RandoQc_Automne2017.pdf
http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/zoonoses/maladie-lyme/
 
Lien utile
 
http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2018/18-227-01F.pdf

Source: AMVQ