Catégorie Professionnel

L’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux a accueilli cette année, au Panthéon québécois des animaux, dans la catégorie « Professionnel », Pete, un labrador de treize ans, chien de détection à la retraite.

 
Pete provient de la Colombie-Britannique et a été formé par l’agence des Services Frontaliers du Canada, à Rigaud. Il est un chien spécialiste en détection d’argent de plus de 10 000 $, de faux argent et de certaines drogues. Il est capable de reconnaître une dizaine d’odeurs et, lorsqu’il en reconnaît une, il la pointe avec son museau et s’assoit. Il a déjà repéré, pour ne nommer que quelques exemples, un sac à dos rempli de billets de banque dans un aéroport, des douilles, des armes et des produits fauniques.

Pete est un chien exceptionnel, qui n’a peur de rien, et qui n’a aucune agressivité envers les personnes ou les animaux. Il a été familiarisé avec tous types d’environnements : les aéroports, les villes comme les forêts, les endroits bruyants, et avec d’autres animaux domestiques et sauvages. Pas plus d’un chien sur 100 possèderait les aptitudes pour devenir un chien de détection d’objets et Pete fait partie de cette élite.
 
M. Richard Bérubé, propriétaire de Pete et ancien agent de la faune, est devenu maître-chien en 2001 en joignant les rangs de l’escouade canine. Avoir la possibilité de faire équipe avec un chien dans le cadre de son travail a été, pour lui, une chance inouïe.
 
En 2005, Pete est transféré aux produits de la faune, côtoyant certaines espèces de gibier, poison, armes à feu et munitions, et où il y a fait des centaines de recherches. Il a toujours trouvé les éléments demandés. Son territoire de travail était l’Abitibi-Témiscamingue, l’Outaouais, Jamesie et Nunavik.
 
Un jour, après une longue journée de patrouille en hiver où Pete accompagnait son maître-chien et son collègue, ceux-ci ont fait un détour pour aller saluer des amis du collègue. Pendant qu’il discutait avec ses amis, Pete et son maître-chien commençaient à avoir envie de bouger, car il faisait froid. Lorsque Pete a eu l’autorisation d’aller se promener, il s’est immédiatement dirigé vers une des motoneiges stationnées à cet endroit et s’est assis. Comme le maître-chien connaissait bien Pete, il a demandé à son collègue de vérifier en-dessous de la motoneige. Malgré son scepticisme, le collègue a vérifié et s’est retrouvé dans l’obligation d’émettre un avis d’infraction à ses amis, car Pete avait détecté une dizaine de dorés cachés à plus d’un pied sous la neige.
 
Pete n’aboie pratiquement jamais. Cependant, au printemps 2006, vers 2 h du matin, Pete aboie sans arrêt et est très affolé dans son enclos à l’arrière de la résidence de M. Bérubé. Son maître sortit et aperçut de la fumée s’échappant de la porte du garage. À l’intérieur, il y découvre une personne inanimée couchée dans son véhicule en marche. M. Bérubé a sorti la personne à l’extérieur, et, il est clair que sans les aboiements de Pete, cette personne n’aurait pas survécu.
 
Après une carrière bien remplie, Pete entreprit une retraite à l’âge d’onze ans, où on lui accorda un repos bien mérité et le bonheur de le partager avec son maître, puisque M. Bérubé l’a officiellement adopté à la fin de sa carrière. Son maître simule même, à l’occasion, des recherches par pur plaisir. Pour Pete, le travail est vraiment un jeu et il est très heureux lorsqu’on lui montre son collier de détection. « Il a toujours la même volonté de travailler, mais, cependant, après avoir travaillé 20 à 30 minutes, il a besoin de repos! » indique M. Bérubé.
 
C’est maintenant au tour de l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux de se souvenir du travail exceptionnel de Pete en l’intronisant au Panthéon québécois des animaux, section « Professionnel ».