L’AMVQ a réalisé une vaste consultation afin d’en savoir un peu plus sur l’hygiène dentaire des chats et des chiens au Québec.

Découvrons ce quelles ont leurs gueules !

 Mauvaise haleine

 
Selon les résultats du sondage, 49 % des propriétaires de chien d’âge adulte trouvent que celui-ci a parfois mauvaise haleine. Environ un propriétaire sur six (17 %) avouant même que son animal a toujours mauvaise haleine !
À noter que ces chiffres augmentent à 53 % et 28 % chez les chiens de 10 ans et plus.
 
Chez les chats, le sondage révèle que 36 % des propriétaires estiment que leur chat adulte, peu importe son âge, a parfois mauvaise haleine et qu’environ un chat sur onze (8 %) a tout le temps mauvaise haleine. Ces chiffres s’accroissent à 39 % et 11 % pour les chats de 10 ans et plus.
 
Rappelons que si la mauvaise haleine d’un chien ou d’un chat est parfois gênante pour le propriétaire, elle peut surtout être le signe d’un malaise plus profond pour l’animal. D’autant plus qu’elle est souvent reliée à différentes maladies bucco-dentaires fort douloureuses qui débutent bien par l’accumulation de la plaque dentaire qui se transforme en tartre. 
 
 

Entretiens des dents

 
Même si au Québec, 97 % des médecins vétérinaires2 suggèrent aux propriétaires de brosser les dents de leur chien, quotidiennement, le sondage nous révèle que dans la réalité, seulement 3 % des propriétaires le font. 
 
En fait, plus de la moitié (53 %) des propriétaires de chiens avouent ne jamais brosser les dents de leur compagnon. Les autres s’y astreignent au minimum une fois par mois (12 %) ou quelques fois par année (14 %). 
 
Félicitons tout de même les 17 % qui le font d’une à trois fois par semaine !
 
Évidemment, brosser les dents d’un félin, c’est encore moins simple. C’est simple, 80 % des chats ne se font jamais brosser les dents. Les chiffres révèlent que seulement 1 % des chats se font brosser les dents quotidiennement et, ce même si c’est ce que suggèrent 76 % des médecins vétérinaires. À peine 6 % y réussissent d’une à trois fois par semaine et les autres de manière beaucoup plus occasionnelle. À noter que 84 % des vétérinaires recommandent de brosser les dents, peu importe la fréquence.
 
Voilà pourquoi les propriétaires de chats sont tentés d’utiliser différentes méthodes pour entretenir les dents de leur chat. Par exemple, la moitié des propriétaires interrogés offre des récompenses dentaires à leur chat. Parmi ceux-ci, 19 % en donnent chaque jour, 21 % deux à trois fois par semaine, 9 % une fois par semaine et 51 % à l’occasion seulement. 
 
Le tiers des propriétaires de chats essai de prévenir le tartre dentaire en utilisant différentes substances comme le gel dentaire (15 %), suivi des enzymes à ajouter dans l’eau (9 %), la poudre à mélanger aux croquettes (6 %), les solutions liquides contre la mauvaise haleine (5 %) et les bâtonnets à mâchouiller (5 %). Tous les autres produits (dentifrice à croquer, lingettes, cordes à mâcher, os, etc.) récoltent moins de 3 %.
 
Chez les chiens, ces autres méthodes sont également populaires. Les plus fréquemment utilisés étant les récompenses dentaires (50 %), les bâtonnets à mâchouiller (45 %), les vrais os et les os dentaires en cuir compressé (29 %), les cordes à mâcher (22 %) et le Kong dentaire à (19 %). Suivent, les lamelles dentaires à (17 %), les os dentaires en caoutchouc (14 %), les os dentaires en plastique (13 %), le gel dentaire (10 %), les enzymes à ajouter dans l’eau et la poudre à mélanger aux croquettes (6 %).
 
 

Alimentation

 
Si, comme on le constate, le brossage des dents n’est pas une habitude facile à mettre en place, pour prévenir l’accumulation du tartre responsable de l’apparition des maladies bucco-dentaires, sachez qu’il existe une approche beaucoup plus simple qui consiste à offrir à votre chat et votre chien, une alimentation sèche et de préférence dite dentaire.
 
D’ailleurs à la lumière des résultats obtenus dans notre sondage, on remarque que la vaste majorité des répondants (88 %) donne principalement de la nourriture sèche à leur chien incluant 18 % qui achètent une nourriture spécialement conçue pour ralentir le développement de tartre. Seulement 4 % donnent principalement de la nourriture crue et 1 % des restes de table ou de la nourriture en conserve.
 
À noter que 74 % des répondants avouent parfois donner d’autres nourritures comme des restes de table (viande, pâte, légumes cuits, etc.), de la nourriture en conserve ou des légumes crus. Parmi ceux qui offrent autre chose, ce sont les légumes crus (36 %) qui suivent, puis la nourriture en conserve et les restes de table cuits avec 31 %. Loin derrière, la viande crue (9 %).
 
Même constat chez les chats puisque 87 % des répondants indiquent leur donner principalement de la nourriture sèche incluant 25 % qui utilisent une nourriture spécifiquement élaborée pour ralentir l’apparition de tartre.
 
 À noter que 72 % des répondants avouent parfois donner d’autres nourritures comme des restes de table (viande, pâte, légumes cuits, etc.), de la nourriture en conserve ou des légumes crus. Parmi ceux qui donnent autre chose, c’est la nourriture en conserve 67 % qui est le plus mentionnée. Très loin derrière, les restes de table cuits (6 %), nourriture semi-humide en enveloppe et la nourriture crue (2 %).
  
 

Détartrage

 
Malgré toutes les précautions nécessaires, un jour ou l’autre, il faudra quand même procéder au détartrage des dents de son chien ou de son chat. Une procédure couramment pratiquée et indispensable à l’apparition ou la progression des douloureuses maladies bucco-dentaires 
 
D’ailleurs même si, parmi les répondants à notre sondage, seulement un chien sur quatre a déjà eu un détartrage, 70 % se sont dits satisfaits de la procédure contre 3 % d’insatisfaits et de 27 % que qui ne savait pas. À la suite de l’intervention, les propriétaires ont observé surtout une meilleure haleine dans 62 % des cas, des dents plus blanches (58 %) et moins d’inflammation des gencives (34 %).
 
À noter que 54 % des chiens de plus de 10 ans ont eu au moins un détartrage avec un taux de satisfaction de 84 %. Aussi, il n’est pas surprenant de constater que pour les propriétaires, 71 % ont remarqué une amélioration de l’haleine, des dents plus blanches (60 %) et moins d’inflammation des gencives (50 %).
 
Chez les propriétaires de chats qui ont répondu à notre sondage, à peine 17 % de leur bête avait déjà eu un détartrage. Au total, si 39 % se sont dits satisfaits et seulement 2 % insatisfaits, étrangement tous les autres ont indiqué ne pas savoir s’ils étaient satisfaits. Pas toujours facile de regarder dans la gueule d’un chat ! 
 
Chez ceux qui ont fait détartrer leur chat, 33 % ont constaté une meilleure haleine, 31 % des gencives moins enflammées, 26 % des dents plus blanches et 16 % plus de facilité à manger. 

 

Conclusion
 

Si comme ceux qui ont répondu au sondage, vous aussi n’arrivez pas à brosser les dents de votre petit compagnon, vous savez maintenant que vous n’êtes pas les seuls. Sachez aussi que même s’il va continuer à vous y inciter, pour le bien de votre animal, votre médecin vétérinaire vous comprend et ne vous en tiendra pas rigueur. N’hésitez donc pas, en ce mois de la santé dentaire, à lui demander conseil afin de discuter avec lui de toutes les méthodes pour prévenir l’accumulation de tartre, l’apparition de douleurs associées aux maladies bucco-dentaires et aussi… la mauvaise haleine !
 
1) La consultation s’est effectuée en ligne du 7 janvier au 20 janvier 2019. Au total, 1 450 Québécois propriétaires ont répondu. Ils possèdent, au total, 1 521 chats et 1 390 chiens âgés de plus d’un an. Pour faciliter l’analyse, nous leur avons demandé de répondre en regard d’un seul de leurs chats et de leurs chiens, en l’occurrence le plus âgé.  

2) Sondage réalisé en ligne du 7 janvier au 25 janvier 2019 auprès de 127 médecins vétérinaires en pratique des petits animaux au Québec. 
 
 
Source : Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) en pratique des petits animaux.