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Louise Laliberté D.M.V. 1943-2020

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Décès d’une pionnière de la profession vétérinaire au Québec ! Une page importante de l’histoire du Québec s’est tournée le 12 février 2020 avec le décès, à la suite d’une longue maladie, de la Dre Louise Laliberté, l’une des trois premières Québécoises à obtenir un doctorat en médecine vétérinaire.
En effet, c’est en 1968, un siècle après le tout premier diplôme remis à un homme que pour la première fois trois québécoise, les Anne Bousquet, Diane Gravel et Louise Laliberté étaient autorisées à pratiquer la médecine vétérinaire au Québec.
 



Une fois son diplôme obtenu, la Dre Laliberté qui est né le 5 juin 1943 à Ottawa, a enseigné la biologie et la microbiologie au collège de Saint-Hyacinthe. Puis, elle fut invitée à mettre en place au collège Vanier l’option médecine vétérinaire offerte lors de la troisième année du cours de techniques de santé animale. Grâce à elle, ce nouveau métier voit le jour. Depuis, des milliers de jeunes ont été formés à la grandeur du Québec changeant à tout jamais les soins apportés aux animaux.

Tout ceci ne l’empêcha pas d’ouvrir son propre établissement vétérinaire, soit la Clinique vétérinaire de Longueuil en 1970 avec son confrère et mari de l’époque, le Dr Jean-Pierre Robert.

Désireuse de relever de nouveaux défis, elle quitte la pratique en 1980 et obtient une maîtrise en sciences vétérinaires de l’Université de Guelph grâce à des travaux d’épidémio-virologie portant sur la péritonite infectieuse féline.

Grâce à sa plume impeccable, elle connaîtra une belle carrière littéraire et journalistique. Elle fut la première femme vétérinaire a rédiger un livre au Québec, 
Le Manuel de travaux pratiques en microbiologie à l’intention des étudiantes infirmières, coécrite avec le Dr Raymond Roy et édité en France en 1970.

Puis, 1972, elle s’illustre en publiant un premier guide pratique à l’intention des amateurs de chiens Le guide du chien et de son maître, suivi du Guide du chat et de son maître (1973). C’était là les premiers livres écrits par des médecins vétérinaires québécois à l’intention des propriétaires des petits animaux québécois. Tous deux connurent un grand succès avec un tirage de 30 000 chacun. Puis deux autres ouvrages parurent : l’un sur les races félines, Toutes les races de chats et l’autre, sur les compétitions canines Mon chien champion.

La Dre Laliberté a également signé la première chronique hebdomadaire consacrée aux animaux dans le journal La Presse et ce, de 1974 à 1984. Cette chronique a grandement contribué à sensibiliser les Québécois sur l’importance des animaux de compagnie dans notre vie quotidienne. De 1992 à 1994, elle signera aussi une chronique régulière dans la revue Nos Animaux.

Son engagement à la promotion de la médecine vétérinaire s’est aussi manifesté par sa participation à plus de 200 émissions de radio et télévision, dont une série de 26 chroniques à l’émission Pour vous mesdames, diffusée à Télé- Métropole de 1976 à 1977 et 74 chroniques à l’émission Louvain à la carte, à la télévision de Radio-Canada de1994 à 1996. Sans oublier son travail de recherchiste pour l’émission Conseil Express, à la télévision de Radio-Canada de 1976 à 1977.
Au cours de cette période, toujours aussi perfectionniste, elle profitera de ses temps libres pour obtenir un certificat en relations publiques de l’Université de Montréal. N’oublions pas qu’elle détenait également un baccalauréat ès arts à l’Université de Montréal qu’elle avait obtenu avant de débuter son cours en médecine vétérinaire.

Il faut aussi souligner l’engagement personnel de la Dre Laliberté auprès des clubs félins et canins. En 1972, suite à un manque flagrant de Québécois francophones dans le monde canin montréalais, elle fut co-fondatrice du Club Canin de Montréal. Puis, en 1974, elle fondait avec d’autres éleveurs, le Club Félin de Montréal et l’Association féline canadienne en 1976.

Elle s’est impliquée pendant de très nombreuses années dans l’organisation d’expositions félines, dont le fameux Noël des chats. La Dre Laliberté fut aussi directrice de l’Association féline canadienne et juge internationale toutes races. Elle a jugé en Europe (Italie, Belgique, France) et aux États-Unis à maintes reprises.
Pendant des décennies son élevage Floralie fut un modèle du genre au pays avec un plusieurs lignées de Suprème Maître Grand Champion au début avec des Abyssins puis par la suite avec des Exotic.

Elle réalisera de nombreuses aquarelles de ses chats mais également de paysages.

Du côté professionnel, elle fut la première femme élue membre du Bureau d’administration de l’Ordre en 1974 et co-fondatrice du Vétérinarius avec Dre Christiane Gagnon. Elle en fut la rédactrice pendant 12 ans.

Désireuse de toujours apprendre, elle réalisera un certificat en relations publiques à l’Université de Montréal en 1995.

En 2000, elle débuta une nouvelle carrière comme représentante des Laboratoires Vita-Tech qui se prolongea pendant plusieurs années.

De 2001 à 2008, elle a signé la chronique Coup d’œil sur les nouveaux établissements vétérinaires dans le magazine Le Rapporteur de l’Académie de médecine vétérinaire du Québec.

La profession lui a rendu hommage à maintes occasions. Elle fut récipiendaire en 1995 du prix Victor de la Société de conservation du patrimoine vétérinaire québécois. Récipiendaire en 2002 du Prix Damase-Généreux de l’Académie de médecine vétérinaire du Québec. Première femme vétérinaire à recevoir en 2012, la médaille de St-Éloi, la plus haute distinction de l’Ordre des médecins vétérinaires.

 

 Dr Joël Bergeron, président de l'OMVQ et la Dre Louise Laliberté recevant la médaille de St-Éloi.

Dr Joël Bergeron, président de l’Ordre des médecins vétérinaires
et la Dre Louise Laliberté recevant la médaille de St-Éloi.



Sa dernière sortie publique eut lieu en 2018, lorsque l’Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux lui a rendu un vibrant hommage pour ses 50 ans de carrière dans le cadre de son congrès annuel.

Merci, Dre Laliberté pour votre passion pour notre profession, pour votre grand talent en communication, pour votre amour des chats et surtout pour votre volonté d’ouvrir de nouveaux horizons aux nouvelles générations.

L’histoire se souviendra de vous comme de l’une des grandes pionnières de notre profession !
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