Si les Québécois savent que les médecins vétérinaires sont les spécialistes de la santé animale, il semble que pour plusieurs propriétaires de petits animaux, l’accessibilité et les champs d’expertise de certaines spécialités au sein même de cette profession nécessiteraient certaines précisions.
 
C’est ce qui ressort d’un sondage* en ligne réalisé par l’Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) en pratique des petits animaux dans le cadre de la toute première Journée nationale des médecins vétérinaires spécialistes qui aura lieu le 15 janvier prochain 2019.


Comment reconnaitre un spécialiste ? 

Selon l’ensemble des 1 260 répondants, et avec un pourcentage de 82 %, les trois spécialités les plus connues des propriétaires de petits animaux pour leur disponibilité au Québec sont la chirurgie, l’imagerie médicale ainsi que l’urgentologie/soins intensifs.

Toutefois, en quatrième et cinquième position, on retrouve la dentisterie (80 %) et la cardiologie (78 %), deux spécialités reconnues par l’American Board of Veterinary Specialties (ABVS), mais non admises par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ).

Rappelons cependant que l’expertise des vétérinaires diplômés des collèges de dentisterie et de cardiologie, tout comme ceux de certains autres collèges non admis, est reconnue par leurs collègues vétérinaires qui leur demandent leur avis, leur transmettent des cas complexes et les invitent comme conférenciers. 

Sachez que parmi les 41 spécialités officiellement reconnues par l’ABVS et l’AVMA, à ce jour, dix-huit le sont par l’OMVQ. Des pressions impliquant plusieurs instances sont en cours afin d’augmenter ce nombre. Pour connaitre la liste des spécialités reconnues, vous pouvez consulter le site www.omvq.qc.ca.

Par ailleurs, même si ce ne sont pas des spécialités reconnues par l’American Veterinary Medical Association (AVMA), et l’OMVQ, 50 % des répondants croient que l’acupuncture est une spécialité vétérinaire accessible au Québec, tout comme l’ostéopathie (42 %) ou l’homéopathie (33 %).

Il importe de savoir que dans ces domaines ou dans d’autres, les vétérinaires généralistes peuvent développer certaines expertises en suivant des formations postdoctorales, mais sans passer par la scolarisation rigoureuse certifiée par les collèges de spécialité. Ils ne peuvent donc pas s’appeler « spécialistes ». 

Afin de bien comprendre, sachez qu’un spécialiste vétérinaire est un médecin vétérinaire qui a suivi un programme de formation additionnelle de deux à quatre ans (résidence) menant à un examen de certification, généralement appelé Board, qui valide l’atteinte d’un certain nombre de connaissances et de compétences nécessaires pour œuvrer dans son domaine.

Les standards de formation pendant la résidence, et les connaissances validées par le Board sont établis par des collèges de spécialités, sous la supervision de l’AVMA. Une fois les prérequis complétés et les examens passés, ces vétérinaires deviennent des « diplomates » d’un collège de spécialités vétérinaires.

Malgré leur nom, ces collèges ne sont pas des écoles ou des universités. Leur rôle est de déterminer le niveau de compétence nécessaire pour l’exercice d’une spécialité donnée. Les collèges de spécialités établissent ensuite des exigences pour le maintien de la certification, notamment l’obligation de participer annuellement à des congrès spécialisés. Des collèges similaires existent aussi en Europe. C’est pour cette raison que l’on retrouve dans le titre des vétérinaires spécialistes, après le D.M.V., les lettres « Dipl. » suivies d’un acronyme représentant le collège, par exemple ACVS (Diplomate de l’American College of Veterinary Surgeons) ou ECVS (European College of Veterinary Surgeons). Pour les spécialistes en médecine interne, l'acronyme  DACVIM (Diplomate de l'American College of Veterinary Internal Medicine) sera utilisé avec l'ajout de l'une ou l'autre des cinq autres spécialités (SAIM, LAIM, Cardiologie, Neurologie, Oncologie). Par exemple, un interniste dans les animaux de compagnie aura « DACVIM (SAIM) », et le neurologue aura « DACVIM (Neurology) », etc. 

Au Québec, plus d’une centaine de médecins vétérinaires sont présentement autorisés à porter le titre de spécialistes et ce nombre est en constante progression.
 

Où trouver des médecins vétérinaires spécialistes ?

Selon le même sondage, une forte majorité (88 %) de propriétaires d’animaux identifient la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe comme l’endroit où l’on a le plus de chance de trouver des spécialistes. En deuxième place (84 %), on retrouve les hôpitaux vétérinaires, les centres d’urgence (72 %) et, loin derrière, les cliniques vétérinaires pour 46 % des répondants.

Sur ce point, la perception des propriétaires d’animaux reflète assez bien la situation qui prévaut au Québec : la plus forte proportion des spécialistes vétérinaires œuvre en effet dans les centres vétérinaires de référence et au Centre hospitalier vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe. On en retrouve également dans certains hôpitaux vétérinaires, mais très rarement dans les cliniques.

Cependant, très régulièrement, les médecins vétérinaires généralistes utilisent les services de spécialistes mobiles qui se rendent dans leur établissement ou communiquent avec ceux-ci par le biais de téléconsultation pour obtenir des conseils, confirmer des diagnostics ou élaborer des plans d’intervention.
 

Comment avoir accès aux spécialistes vétérinaires ?

Lorsqu’on interroge l’ensemble des propriétaires d’animaux, on constate que 35 % croient qu’il est nécessaire d’être recommandé par un médecin vétérinaire généraliste pour avoir accès à un médecin vétérinaire spécialiste. Par contre, 14 % estiment qu’ils peuvent prendre un rendez-vous directement et 41 % que l’une ou l’autre de ces voies est possible. Finalement, 10 % avouent ne pas savoir comment contacter un spécialiste.

Sachez que contrairement à la médecine humaine, il n’y a aucune obligation d’être recommandé par un médecin vétérinaire généraliste pour avoir accès à un spécialiste. Cependant, comme les cliniques et hôpitaux vétérinaires possèdent les ressources, le matériel et l’équipe médicale pour pratiquer l’ensemble des interventions en matière de prévention et de soins, il est fortement conseillé, en premier lieu, de faire appel à un médecin vétérinaire généraliste. 

N’oublions pas que ce dernier, par le biais des visites annuelles et des programmes de prévention, connait très bien l’état de santé de votre animal tout en entretenant avec vous une relation privilégiée. 
Grâce à ce lien de confiance, vous serez à même de prendre la meilleure décision concernant les soins à apporter.

Dans la très grande majorité des cas, celui-ci sera en mesure de poser le bon diagnostic et de prodiguer les traitements nécessaires. Toutefois, lors d’urgence ou de cas plus complexes, il pourra, lui-même, consulter un spécialiste ou vous faciliter une prise de rendez-vous avec celui-ci. 

Agissant comme un chef d’orchestre, votre médecin vétérinaire généraliste sera ainsi en mesure de transmettre toute l’information nécessaire à la bonne marche des opérations. Au retour, tous ensemble, généralistes et spécialistes seront en mesure d’assurer un suivi adéquat de la condition de votre animal.
 

Conclusion

Souhaitons que la Journée nationale des médecins vétérinaires spécialistes, une première au pays, permette de mieux comprendre qui ils sont et de quelle manière ils peuvent appliquer et partager leur expertise au bénéfice des animaux.

D’ailleurs, si on en croit les commentaires recueillis dans le sondage auprès de quelque 550 propriétaires d’animaux, la très grande majorité se dit très satisfaite des soins obtenus après la consultation de médecins vétérinaires spécialistes. Afin de maintenir ce haut degré de satisfaction, et surtout pour répondre à la très forte demande qui risque de survenir dans les prochaines années, reste à espérer que le nombre de spécialités reconnues augmente et cela commence par le nombre de spécialistes formés au Québec.

Si l’AMVQ est heureuse de constater la formidable évolution de la médecine vétérinaire spécialisée au Québec, elle se réjouit surtout de la saine et étroite collaboration qui existe actuellement entre les médecins vétérinaires généralistes et spécialistes, si essentielle au maintien de la bonne santé des animaux qui leur sont confiés.
 
    

* Sondage réalisé du 17 décembre 2018 au 10 janvier 2019 sur Survey Monkey auprès de 1 260 Québécois propriétaires de petits animaux. 
 
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Source : Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux